Please ensure Javascript is enabled for purposes of website accessibility"Il fuit, le temps, et sans retour" 03.02.2024
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    "Il fuit, le temps, et sans retour" 03.02.2024
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    Lien du postLun 15 Jan - 11:51
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    TW : grossesse extra-utérine, interruption de grossesse, opération, sang, cicatrice, choc post-traumatique


    Dans le noir, les yeux fixés sur un plafond qu’elle voit à peine dans l’obscurité de sa chambre, Joyce tremble. Le froid pourtant ne devrait pas s’infiltrer jusque sous les draps de la Dudley, et pourtant elle a l’impression terrible que les températures ont chuté de manière horrible dans l’espace qu’elle habite pourtant depuis assez longtemps pour s’y sentir rassurée. Mais les quatre murs ne suffisent plus aujourd’hui, et le corps tremblant se tourne et se retourne sous l’espace offert par son duvet, le cœur qui bat trop fort, la nausée qui hante sa gorge, la vision floue. Une main s’extirpe du cocon pour aller allumer la lampe de chevet qui borde le grand lit, mais la lumière qui jaillit dans l’espace paraît encore pire à la doctorante. Quelque chose rampe et ça la hante. Elle attrape le téléphone sur sa table de nuit et la première chose qu’elle voit, avant même le fond d’écran qui représente une image de l’océan envoyé par sa mère, c’est cette date terrible qui s’affiche innocemment. Cette date qui ne dit rien à la plupart des gens, mais qui tape trop fort dans sa mémoire pour celle dont la main glisse sous son pyjama à la recherche des boursoufflures qui sont devenue de minuscules relief sur le bas de son ventre. Elles sont bien là. Ça a vraiment existé.
    Déverrouillant son téléphone, elle hésite un instant à appeler Haley. Elle sait que sa meilleure amie ne lui en voudra pas de la déranger en pleine nuit et n’hésitera probablement même pas une seconde avant de sauter dans un taxi pour la rejoindre, tenter de la rassurer d’un mot, d’une étreinte, de diffuser un peu de chaleur dans cette journée trop froide. Pourtant, ce n’est pas au-dessus de son nom que ses doigts s’immobilisent dans la liste de ses derniers messages envoyés. Et ce n’est pas non plus à elle qu’elle envoie : Tu dors ?. Sans même attendre de réponse de la part de son destinataire, elle envoie déjà un nouveau message : Ça fait un an… Je crois pas être capable de traverser ça toute seule. Est-ce que tu crois que tu pourrais venir cette nuit ?

    Sous ses yeux, les caractères s’embrouillent un peu avant qu’elle ne clique sur « envoyer » et repose l’engin. Les larmes créent un brouillard opaque. Elle n’avait pas prévu ça. Elle ne pensait pas que le simple fait d’arriver à cette date la touche autant. Et pourtant, tout semble remonter en tempête. La douleur, l’impression que c’est une simple gastro, puis les soupçons d’appendicite, le voyage jusqu’aux urgences et la prise en charge qui s’éternise dans la nuit. Les traits instables des internes, les questions sans fin, les chuchotements dans les couloirs grisâtres, puis cette prise de sang qui annonce un taux trop haut de HCG. Le gel froid e l’échographie, l’impossibilité de repérer quoi que ce soit sur l’image, puis cette gynécologue à la mine inquiète qui décide d’en faire une autre, de manière interne cette fois… Et la nouvelle qui tombe. Elle ferme les yeux, rideau noir sur sa vision qui n’occulte pourtant pas les souvenirs. La nouvelle qui tombe, c’est une grossesse extra-utérine, c’est dangereux pour sa santé, il va falloir opérer. Elle a à peine le temps d’appeler Jay pour lui souffler tout ça avant qu’on ne la prépare, avant qu’on ne la fasse rouler sous la succession des néants, avant qu’on ne lui pose un masque sur le visage ne lui demandant de décompter depuis dix. Dix… neuf… huit, les papillons noirs vole dans ses rétines, elle ne comprend pas bien tout ce qui se passe. Sept… six… cinq… tout a été trop soudain, l’espace d’une même nuit on lui a appris qu’elle était enceinte et que cet embryon était une bombe à retardement qui mettait sa vie en danger. Quatre… la suite ne vient jamais.
    Quelques heures plus tard, elle s’était réveillée sans vraiment savoir où elle était. Pas vraiment de douleur physiquement, grâce aux médicaments. La nuit s’était recomposée dans sa tête, la gynécologue était venue lui expliquer ce qui s’était passée, était restée pour répondre à ses questions. Sauf peut-être à la plus importante, sauf peut-être à celle qu’elle n’oserait jamais poser à personne. Comment on fait pour s’en remettre ? On attend. Que ça cicatrise, que les chairs se rassemblent, que de nouvelles cellules se créent pour ne laisser plus que de fine traces blanchâtres qui apparaissent un peu plus fort sous le soleil méditerranéen ou la brûlure de la douche. On attend parce que les secondes qui s’écoulent après les drames de la vie sont les seules à pouvoir soigner un peu, que ce soit le corps et l’esprit. On attend, suffisamment longtemps. Combien ?
    Elle avait été chez la psychologue. Elle avait vu sa mère. Elle en avait parlé avec Haley. Les semaines avaient passé, d’autres déchirures était arrivée. Est-ce que cette blessure avait été la base de sa séparation avec Jay ? Elle ne sait pas vraiment, le puzzle est dur à constituer dans sa tête. Peut-être que c’était destiné à échouer de toute manière, que ça n’a fait que précipiter les choses. Aucune importance, une écorchure de plus qui n’aide pas vraiment à guérir. Alors elle s’enfonce dans le déni. Elle jure devant sa psy que ça va mieux, elle évite le sujet, elle passe des heures le nez dans le bouquin pour retarder un peu ces minutes grappillées à la nuit où elle devra aller se coucher. Elle s’épuise pour que le sommeil veuille bien l’accueillir quelques heures, pour tenter de contourner les insomnies ; ça ne marche qu’à moitié. Elle fuit à l’autre bout du monde, elle s’engage ailleurs, voit d’autres horreurs qui défilent sous ses yeux. D’autres vies qui se battent entre des flots impétueux et qu’on ne parvient pas toujours à sauver. Ça résonne trop fort. Alors elle se perd contre un corps entre les tempêtes des flots grecs. Elle se perd pour oublier un peu, mais ne crée que des larmes sur sa joue. Les blessures sont toujours là. Il faut croire que ce n’est pas encore assez de temps.

    Tout la hante, elle merde partout. Elle ne sait plus où elle en est. Elle sourit la journée, cette doctorante appliquée qui semble se donner corps et âmes ans ses recherches et son job à l’aquarium. Elle intensifie encore le temps de travail. Elle plaisante devant la machine à café. Elle part manifester pour le climat avec des panneaux colorés. Elle sort boire des verres avec des amis. Tout va bien, le temps est passé. Pas vraiment Les insomnies rampent toujours, la peau se craquèle sous les sourires pour laisser glisser le pue et le sang. Cicatrices qui palpitent. Et puis cette date qui revient et qui la hante, cette date qui fait exploser tous les dénis. Un an.

    C’est trop. Pourvu que Jay ne l’abandonne pas toute seule dans cette nuit. Pourvu qu’il vienne.

    @Ji-hun Hwang
    Ji-hun HwangMembre de la Pforzheimer House
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    Ji-hun Hwang
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    Lieu de naissance : Hamheung, ville de la région de Hamgyeong du sud. La Corée du Nord l'a vu naître, l'a élevé. Elle a forgé une partie de l'homme qu'il est aujourd'hui, mais c'est sur un tout autre continent qu'il désire construire son avenir.
    Quartier.s d'habitation & Colocation : Il a vécu la Pforzheimer House durant une année, l'a quitté en juillet pour s'installer provisoirement chez un ami, à Chinatown, Boston, le temps de déménager dans un studio au 499 Beacon St.
    Situation sentimentale : Il a retrouvé les champs, un petit peu plus d'un mois avant le printemps. Maintenant que n'existe plus de pression, la relation peut enfin préparer sa floraison ; dans une relation avec Lilia, demoiselle qu'il connaît depuis un an déjà ; 2024년 2월 16일
    Études & Métiers : doctorant en pharmacologie, au sein du laboratoire de l'école de médecine, il assiste également son superviseur dans ses recherches et participe activement à des conférences. En-dehors de ça, il fait du tutorat en sciences et en coréen ; ça paye bien mieux que serveur à la Luna Caffe, même si sa passion pour les latte art ne s'est pas envolée.
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    Warning : régime totalitaire, sanctions (ex : camp de concentration, travail forcé, exécution publique), patriarcat social / juridique, tortures / actes de barbarie, détention provisoire, violences policières (Japon), ablation d'un rein, 18+, racisme / discrimination / bashing subis, grossesse extra-utérine de son ex-copine / maladie : insuffisance rénale.
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    Lien du postMar 16 Jan - 22:28
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    warning : grossesse extra-utérine, interruption médicale de grossesse, choc post-traumatique
    Assis autour de la table de la cuisine équipée, Ji-hun feuilletait quelques livres empruntés à la bibliothèque de l'université, ceux-là qui abordaient les thématiques choisis pour l'oral qu'il devait rattraper, afin de valider complètement sa candidature au doctorat qu'il avait bien commencé. En Corée du Nord, cet examen n'avait jamais existé, la pratique bien plus importante que tout ce que l'on pouvait débiter, mais c'était aux États-Unis qu'à présent il habitait, il lui fallait donc y passer. Et ça tombait bien, ça lui permettait de mettre un peu de côté l'entretien auquel il n'avait cessé de penser depuis qu'on l'avait appelé, crainte réactivée quand il s'était rappelé de ce qui était inscrit dans son dossier. Depuis il l'avait tant relu pour le travailler, l'impression qu'il allait être jeté devant la Cour pour être jugé, et qu'il serait le seul à pouvoir se défendre des faits qu'on pourrait pointer – qui pourraient le renvoyer dans un pays où il n'aurait que peu de chance d'être pardonné.  « Heureusement » cette nuit, c'était autre chose qui le tenait éveillé, une activité moins stressante que la précédente, un bol de ramen bien salé pour l'accompagner, pour l'empêcher de sombrer avant d'avoir assez révisé ;  subjectif était le  « assez ».

    Baguettes chinoises trempées dans la soupe qui comptait encore quelques pâtes de farine de blé, ses yeux étaient rivés sur les lignes qu'il peinait parfois à déchiffrer, la fatigue oculaire commençant à pointer le bout de son nez. Une vibration sur la table pour le réveiller lors d'une aspiration de nouilles ondulées, une deuxième suivit peu après, l'obligeant à couper les longueurs entre ses dents habituées. Il mâcha tout en s'emparant du portable qu'il avait mis de côté, une image l'informant que deux messages lui avaient été envoyés. Il les ouvrit, aussitôt finit il répondit :  « Je me prépare et j'arrive ». Il lâcha ses affaires sans prendre le temps de les ranger, se leva pour se diriger vers le placard où ses vêtements étaient pliés, sortit de quoi s'habiller, de quoi affronter le froid de l'hiver qui s'était bien installé – de toute façon, il ne se rendait pas au laboratoire pour bosser mais à la Dudley. Apprêté, il allait pour mettre ses chaussures dans l'entrée, mais pensa qu'il était peut-être préférable de prendre un sac avec ce qu'il fallait pour se changer, car il ne savait pas si elle lui demandera de rester, ou s'il repartira une fois l'angoisse terminée. Dans sa demande rien n'était clairement indiqué, alors il préféra au cas où s'organiser.

    Logement verrouillé une fois bien emmitouflé, il dévala les marches en bois du seul escalier qui le séparait du rez-de-chaussée, et s'en alla vers la voiture qu'il avait appelée et qui l'attendait en bas comme demandé. Les rues désertes défilèrent sous le regard bridé de l'homme dont le rôle de papa avait été rapidement avorté. Un an était passé, et si la date exacte n'avait pas été gravée, il se rappelait tout de même que ça s'était produit en février. Cet événement l'avait touché un peu plus tard dans l'année, peut-être un peu dans le secret. Aujourd'hui il s'était fait à l'idée même s'il lui arrivait de penser au fœtus qui n'avait pas eu la chance de pouvoir se développer, à la petite fille qu'elle aurait pu être s'ils avaient décidé de la garder. Il comprenait que Joyce puisse se sentir bien plus affectée par cet anniversaire qu'on n'aimerait jamais avoir à célébrer, parce que c'était elle qui l'avait portée pour se la voir retirer. Elle avait été choquée, et ça n'était pas prêt de se calmer, le doctorant l'avait bien senti quand elle avait parlé des nuits qui continuaient à être agitées. Il espérait que sa présence pourra l'aider, que lui parler permettra de passer au-dessus de cette difficulté – au moins pour cette année.

    Le chauffeur prévint qu'ils approchaient de l'adresse donnée, perdu dans ses pensées, Ji-hun n'avait pas pris conscience de la totalité du trajet, un saut dans le temps qu'il remerciait auquel cas il aurait trop craint de ne savoir comment gérer la situation dans laquelle il allait plonger, préférait clairement le faire les yeux fermés, improviser en fonction de l'état dans lequel il retrouvera celle avec qui il s'était beaucoup projeté. Par l'application, la course fut validée, et il se retrouva dans une nuit gelée devant le bâtiment fermé. Il marcha un peu à l'extérieur pour trouver comment entrer sans devoir faire bouger Joyce qui ne devait pas être en état de venir le chercher, centaines de pas réalisés avant qu'un étudiant finisse par se décider à aller fumer. Il profita du moment pour se présenter, et de la brèche de l'entrée pour s'y faufiler. Pour y être venu plus qu'autorisé, Ji-hun trouva très vite le bon étage et la chambre de celle qui l'avait réclamé. Coups familiers donnés, il n'attendit pas d'être invité, fit céder la poignée pour entrer. Porte fermée aussitôt l'encadrement passé, le seul point de lumière résidait à cette lampe allumée sur la table de chevet, et qui laissait deviner le corps féminin qui ne se sentait pas très bien.

    Je pose mes affaires, la prévint-il. Ça lui permit de gagner du temps pour réfléchir un minimum à ce qu'il allait lui dire. Sac déposé au pied du bureau soigneusement rangé, manteau, écharpe et bonnet laissés sur la chaise qui se tenait à côté, il se défit de ses chaussures avant de s'approcher. Il s'assit sur le bord du lit et observa la demoiselle, sourire compatissant offert face aux invisibles séquelles. Tu as pleuré, mh, l'interrogea-t-il en venant essuyer la peau sur laquelle les larmes avaient tracé des chemins subtiles. Peut-être même que d'autres finiront par tomber de ces billes qui continuaient de briller, petit nez rougi d'avoir été essuyé, tentative d'effacer les preuves de ce qui s'était passé avant son arrivée. Je suis là. Que ça aille ou que ça n'aille pas, dit-il sans cesser de caresser les parties de son visage qui avaient été attaquées par les perles salées, tu sais que tu peux compter sur moi. Il sera toujours là, il le lui avait répété tellement de fois. Tu veux que j'aille te chercher un verre d'eau, tenta-t-il de deviner si son besoin premier était de s'hydrater, que je tapote ton oreiller pour que tu puisses être mieux installée ? Le sentiment d'être portée pour mieux aborder le sujet de cette douleur que l'on ressentait.

    @Joyce Millett
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    Lien du postMer 17 Jan - 12:12
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    À la pâleur diffuse de la lampe de chevet, se mêle une autre lumière, plus vivace et blanche. Une notification de son téléphone, peut-être celle qu’elle attend, celle dont elle a besoin. Joyce n’a cependant pas la force d’étendre le bras pour attraper l’engin poser sur sa table de chevet. Elle préfère regarder les ombres se projeter au-dessus de sa tête, comme des lucioles qui tourbillonnent dans la nuit, avant que l’écran ne s’éteigne à nouveau, l’abandonnant à l’obscurité. Elle ne sait même pas de qui vient cette notification. Peut-être est-ce simplement un message sur Meetsme. Ou bien une alerte pour lui signaler les présence d’un grand requin blanc près des côtes bostonienne. Ou bien c’est véritablement Jay qui lui dira ne pas pouvoir être là ce soir. Parce qu’il a autre chose. Ou quelqu’un d’autre. Joyce n’a pas le courage de regarder, elle n’a que celui de s’enfoncer un peu plus, les larmes qui traînent sur ses joues, le rouge qui borde ses paupières. Fermer les yeux, pourtant, ne fait rien disparaître.
    Combien de temps reste-t-elle là dans le noir, incapable de sombrer dans le sommeil, incapable de vraiment se réveiller ? Elle ne sait pas. Toute une nuit peut-être, toute une vie. Ça peut être si court une vie… Quelques coups se saccagent à l’entrée de sa chambre étudiante ; l’espace d’un instant elle a peur que ce soit l’un de ses voisins qui ait entendu les sanglots de l’autre côté des murs, si fins qu’ils laissent trop souvent passer les cris de jouissance – et cette fois-ci, de désespoir. Mais le panneau de bois s’efface pour laisser place à une silhouette floue, mais bien connue. Et à un timbre de voix, surtout.
    Depuis son lit, elle l’observer poser ses affaires avec le même soin qu’il a toujours eu. Le manteau sur la chaise, le sac à côté du bureau, les chaussures bien alignée sur la moquette. Ce sont des gestes qui viennent d’un autre temps, un temps qui lui est familier. Combien de fois a-t-il répété ce schéma, toujours avec le même soin, alors qu’il venait la rejoindre dans ces lieux pour passer la nuit avec elle. Souvent ils révisaient un peu le soir, commandaient quelque chose ou alors elle leur préparait à manger. Puis les pensées autant que les mains s’égaraient vers d’autres contrées, les livres se refermaient et c’étaient des cris différents au désespoir de ce soir qui perçaient des trous dans les murs. Peau contre peau, souffle contre souffle, ils finissaient inlassablement par ‘s’enlacer dans le lit pourtant si grand, deux corps ancrés qui trouvaient le sommeil. Jusqu’à ce que le matin vienne percer cette carapace. Parfois d’autres soupirs étaient créés encore, dans l’aube miroitante. Puis il fallait remettre le manteau, le sac, les chaussures. Jusqu’à cette dernière fois, la dernière fois où il était venu, avant que tout ne se brise.

    Lorsqu’il s’assied sur le matelas, assez près pour la border, elle tourne vers lui deux grands yeux vides. L’impression cadavérique de n’être qu’une masse sur ce lit, une masse vide. Ça fait un an qu’elle porte ce vide en elle. Cette impression futile d’être une coquille qui aurait libéré en son sein qu’un poison noir et douloureux. Culpabilité qui se traîne encore dans son sillage. Le déni a trop duré, il l’a bouffée et toutes ses forces ont soudain déserté face à ces chiffres alignés. C’est si bête pourtant, ce n’est qu’une date sur un calendrier. Mais impossible de s’en détacher. Impossible d’ignorer ce qui s’est insinué en elle une année auparavant et qui éclot aujourd’hui. Qui naît dans toute la souffrance du monde ; dans tout le silence du vide.
    Deux grands yeux vident qui le dévisagent. Ils s’accrochent aux lèvres qui articulent des mots qu’elle peine à saisir. Hochement de tête aussi fragile d’une aile de papillon quand il lui rappelle qu’elle peut compter sur lui. Promesse au bout d’un fil de nylon qu’elle suit du bout de son esprit dans les labyrinthes tortueux. Il est là. Le hochement est négatif, en revanche, quand il lui propose un verre d’eau ou de tapoter son coussin. Ce qu’il lui faut, la seule chose au monde qui peut la tirer vers le haut en cet instant, est déjà assise sur le bord de son lit.

    – J’ai juste besoin… prends moi dans tes bras.

    L’articulation est difficile, la gorge asséchée par tout ce qui s’est déversé. Joyce veut juste qu’il la serre fort contre lui, qu’il rassemble les bouts éparpillés, les bouts égarés sur le chemin, sur cette année. Elle a besoin de lui, de son souffle, de son étreinte pour la reconstruire. Pour retrouver un peu de sens, dans toute cette absurdité.
    Ji-hun HwangMembre de la Pforzheimer House
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    Lieu de naissance : Hamheung, ville de la région de Hamgyeong du sud. La Corée du Nord l'a vu naître, l'a élevé. Elle a forgé une partie de l'homme qu'il est aujourd'hui, mais c'est sur un tout autre continent qu'il désire construire son avenir.
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    Situation sentimentale : Il a retrouvé les champs, un petit peu plus d'un mois avant le printemps. Maintenant que n'existe plus de pression, la relation peut enfin préparer sa floraison ; dans une relation avec Lilia, demoiselle qu'il connaît depuis un an déjà ; 2024년 2월 16일
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    Lien du postMer 17 Jan - 14:19
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    Ji-hun mit un petit temps à trouver un moyen de pénétrer dans le bâtiment de la Dudley, puisque la carte de la Pforzheimer ne lui en donnait pas l'accès. Petite aide probable de Celui qu'il se mettait parfois à prier, lui envoya une personne qui avait besoin de fumer. Interpellation avant qu'il ne vienne à s'éloigner, il se présenta comme un ami d'une des résidentes, montra son appartenance à la communauté étudiante, il n'en fallut pas plus au jeune homme pour lui permettre d'entrer. À l'intérieur, ce ne fut pas bien compliqué, durant des mois il s'y était faufilé, autant pour dormir que pour réviser, alors il emprunta l'escalier et s'arrêta devant la chambre à laquelle il n'hésita pas à frapper. Ainsi il annonça son arrivée, n'attendit pas d'être invité pour faire son entrée. Cette fois-ci ce n'était certainement pas pour se cacher, mais bien parce qu'il avait senti la peine que la doctorante ressentait dans le message qu'elle lui avait envoyé. D'ailleurs, le premier regard qu'il lui porta le confirma. Corps à bout de souffle face à la douleur qui remontait, incapable de combattre, c'était elle qui l'emportait. Le Nord-coréen déposa alors ses affaires aux endroits habituels avant de s'approcher de la demoiselle.

    Il s'assit sur le lit, osa glisser un doigt, caresse pour apaiser la tristesse. Il était compliqué de faire abstraction des chemins qu'avaient tracé l'eau salée, ça se voyait qu'elle avait pleuré. Ses yeux continuaient, de toute évidence, à briller, prêts à laisser s'échapper d'autres perles bien trop lourdes pour être portées. Un peu comme la perte de cet enfant qu'elle tentait d'oublier depuis un an, ce vide qui avait terni chaque jour un peu plus sa vie ; il commençait à s'y connaître un peu en dénis. Il la rassura de mots vrais, articulés pendant que ses yeux la fixaient. Il les lui avait souvent répétés, aujourd'hui présent à ses côtés, ça semblait bien plus proche de la réalité, le pouce gardant contact avec la peau pour lui permettre de comprendre qu'elle n'était pas en train de rêver. Il lui fallait tout de même trouver de quoi la réconforter, et ce n'était pas en la faisant culpabiliser d'avoir arrêté les séances chez sa psy, ou de ne pas en avoir parlé bien avant avec sa meilleure amie, que ça pourrait fonctionner, alors il tâta pour voir ce qu'il pouvait commencer à lui apporter pour l'aider à traverser ce cap abominable de maman endeuillée. Un verre d'eau lui fut proposé, s'ensuivit le confort dans lequel il pourrait peut-être l'installer.

    Le tout fut refusé d'un mouvement de tête fatigué. À la place, un câlin lui fut réclamé, certainement pour réchauffer le corps qui revivait la froideur des actes qu'on avait sur lui – en lui – pratiqués. Bien sûr, accepta-t-il dans la foulée, presque chuchoté pour respecter l'obscurité, et ce pour quoi il l'accompagnait. Sans la presser, il l'aida à se défaire du drap qu'elle avait remonté, un peu trop dans l'espoir de disparaître pour qu'on lui fiche la paix avec ce mauvais souvenir qu'elle aurait aimé voir s'effacer. Comme une poupée désarticulée, ayant trop pleuré pour trouver l'énergie de se redresser, il prit ses bras pour l'attirer avant de l'enlacer, taille entourée, mains croisées dans son dos pour le lui frotter. Joue posée contre ses cheveux décoiffés par son oreiller, à force d'avoir tourné, il la serra un peu plus fort qu'il le devrait, pensant que ses poumons pourraient peut-être lui offrir de quoi mieux respirer s'ils étaient, aux siens, ainsi collés. Il resta un moment ainsi sans parler, avant que ne se déplace une paume sur le crâne maintenant effleuré. Tu ne devrais pas garder tout ça pour toi, murmura-t-il avant d'ajouter : parle-moi. De tout ce qui la mettait dans cet état.

    @Joyce Millett
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    Lien du postJeu 18 Jan - 11:43
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    Peut-être qu’elle avait vécu en exergue du monde trop longtemps. Ballottée par les flots sur un océan où les tempêtes étaient celles, bien réelles, dont les lames écumées venaient parfois frapper le pont du bateau. Elle n’avait pas appris à gérer les tourments, sans doute pas plus qu’elle ne savait parler de ce qui n’allait pas. Refuge dans le déni et la fuite permanente. Face à la guerre qui hantait les cauchemars de Denzel, elle avait fui. Face à la maladie et à la mort de sa grand-mère, elle avait fui. Face à ce nouveau deuil auquel elle ne voulait pas – ne pouvait pas – faire face, elle avait sûrement mis trop de distance avec Jay avant de finir par fuir, une fois de plus, quelques habits au fond d’un sac de voyage pour retourner dans des tempêtes bien réelles. Les éléments étaient toujours moins pire à affronter que les sentiments ; mais en son sein elle avait trouvé toutes ces vies humaines qui chaviraient, ces corps portés par le sel. Elle étouffait.
    Le déni ne pouvait pas durer toujours. Il finissait par exploser contre les côtes, par faire percer les larmes. Et elle était bien incapable de le gérer. Jay avait été l’évidence dans tout ça, celui avec lequel elle avait longtemps – un an – été incapable de s’exprimer s’était posé en lumière dans tout ce noir. Une étincelle d’espoir qui n’avait pas tardé à répondre, à débarqué, qui n’avait pas hésité à traverser la ville pour la rejoindre sur le bord de son lit, sur le bord de son gouffre. Ses doigts sont doux contre sa peau si froide, rappellent des mouvements du passé, l’ancre à la réalité douloureuse. Elle a besoin de le sentir près d’elle pour respirer, n’a pas envie qu’il s’échappe en bas, dans la cuisine de la Dudley, pour lui ramener un verre d’eau. C’est sa chaleur qu’elle quémande dans les murmures nocturnes, et il ne tarde pas à accepter.
    Se délaisser des draps dans lesquels elle est emmêlée est délicat. Réflexe d’enfant d’avoir cette impression que, sous la couette, on restera pour toujours protégé. Que les monstres ne peuvent pas nous atteindre, comme s’ils pouvaient ramper hors de sous notre lit, mais étaient incapables en revanche de nous trouver à l’ombre d’un duvet, dissimulé sous la chaleur rassurante de sa propre existence. Joyce était assez grande, pourtant, pour avoir compris depuis longtemps qu’aucune barrière ne pouvait véritablement se dresser contre les malheurs. Ils débarquaient, s’incrustaient, se greffaient au corps et à l’esprit. Et aucun lit ne pouvait les repousser.

    Elle n’est qu’un jouet dans les bras qui la saisisse pour la redresser, la serrant entre eux. Même sa tête à de la peine à suivre le mouvement, comme une anesthésie générale qui aurait endormi chacun de ses muscles à défaut de pouvoir protéger le cerveau. Déchirée, encore et toujours. Mais au moins il y a cette flamme qui brûle contre elle, ce souffle qui la réchauffe un peu alors qu’elle a l’impression de se retrouver dans l’adolescence, à peine 13 ans sur le pont du navire, les vagues glacées qui giflent ses bottes de marin, le froid arctique qui s’accrochent à ses lèvres déjà bleues. Dans le noir, les lèvres ont repris leur couleur rosée ; pourtant, elle a l’impression de n’avoir jamais eu aussi froid que cette nuit.

    – Je me sens vide.

    L’aveu lui tranche un peu la gorge.

    – Quand je vois des enfants dans la rue, ou des femmes enceinte, je me sens vide. Je me rappelle que moi, que mon corps a…j’ai l’impression d’avoir tué cet enfant qui ne naîtra jamais.

    Elle n’était pas contre l’avortement pourtant, vraiment pas. Les débats américains l’avaient mise en colère ; mais là il y avait quelque chose de différent, quelque chose qui n’avait pas pu être décidé, qui s’était précipité parce qu’il fallait bien la sauver, elle.

    – J’ai aussi l’impression que ça a tué notre couple. Parfois je la déteste. Et je me hais de ressentir ça.

    C’est une pelote dont on a trouvé le bout et qui désormais se dévide sans vraiment être capable de s’arrête. Ça s’embrouille un peu, des nœuds qui ont été tissé au fil des dénis, il faut en retrouver le bon sens.

    – Sur le bateau… Je pensais égoïstement que ça pourrait m’aider, que ça pourrait taire les pensées et les insomnies. Mais chaque corps me rappelait les quelques cellules qui avaient flotté en moi et qu’on était venu m’arracher. Et puis toi… j’imaginais ce que tu avais pu traverser, j’imaginais que c’était toi que j’allais retrouver, les habits gorgés de sel, tellement lourds… t’étais partout, et moi j’avais tout détruit.

    Elle inspire l’odeur familière, un roc autour duquel passer la corde d’un bateau.

    – T’avais raison. J’arrive plus à dormir. J’arrive juste plus à… j’y arrive plus. Je suis épuisée.
    Ji-hun HwangMembre de la Pforzheimer House
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    Ji-hun Hwang
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    Lieu de naissance : Hamheung, ville de la région de Hamgyeong du sud. La Corée du Nord l'a vu naître, l'a élevé. Elle a forgé une partie de l'homme qu'il est aujourd'hui, mais c'est sur un tout autre continent qu'il désire construire son avenir.
    Quartier.s d'habitation & Colocation : Il a vécu la Pforzheimer House durant une année, l'a quitté en juillet pour s'installer provisoirement chez un ami, à Chinatown, Boston, le temps de déménager dans un studio au 499 Beacon St.
    Situation sentimentale : Il a retrouvé les champs, un petit peu plus d'un mois avant le printemps. Maintenant que n'existe plus de pression, la relation peut enfin préparer sa floraison ; dans une relation avec Lilia, demoiselle qu'il connaît depuis un an déjà ; 2024년 2월 16일
    Études & Métiers : doctorant en pharmacologie, au sein du laboratoire de l'école de médecine, il assiste également son superviseur dans ses recherches et participe activement à des conférences. En-dehors de ça, il fait du tutorat en sciences et en coréen ; ça paye bien mieux que serveur à la Luna Caffe, même si sa passion pour les latte art ne s'est pas envolée.
    Date d'inscription : 16/04/2022
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    Lien du postSam 20 Jan - 15:50
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    warning : grossesse extra-utérine, interruption médicale de grossesse, mention avortement
    Ji-hun n'aurait pas deviné ce qu'il lui fallait si elle ne l'avait pas aussi clairement demandé. Un câlin, ça faisait tellement longtemps qu'entre eux s'était envolée la proximité, comment aurait-il pu penser à le lui proposer ? Pourtant, malgré les allusions qu'elle lui avait faites, et qui n'avaient pas obtenu la réponse pour voir Joyce satisfaite, il accepta sans y réfléchir plus que ça. Il savait que des bras autour d'un corps brisé étaient bien plus guérisseurs que des mots prononcés, alors il finit par la défaire de ces draps qui l'emmitouflaient, contre lui l'attirer et, autour de sa taille, voir ses membres glisser. Ils se croisèrent contre le bas du dos musclé, et la retinrent afin qu'elle ne puisse pas tomber. Le Nord-coréen partagea un bout de sa respiration dès lors qu'il resserra un peu l'étreinte par affection. Il ne pouvait s'autoriser à la laisser geler à cause de souvenirs trop amers venus la martyriser. Offre d'une carapace épaisse grâce à laquelle elle pouvait se sentir protégée de tout ce qui voudrait l'attaquer. Orbe de bien-être qui saura peut-être la mener à parler, à se libérer de l'emprise qu'avaient les faits passés sur sa santé. Il le fallait, et ce fut pour cette raison qu'après avoir posé sa paume sur son crâne et l'avoir un peu effleuré, il lui demanda de lui confier ce qui la rendait si triste et déprimée.

    Ce vide qu'elle avait déjà mentionné en février dernier avait refait apparition, à moins qu'il n'était jamais parti, ne laissant que peu d'espoir à une possible guérison. La gorge de Ji-hun émit un petit son, fait de vibrations. Il la laissa continuer, car il craignait que, s'il se mettait à commenter elle peinerait à continuer. Dans ses cheveux il se permit simplement de presser ses doigts, un peu comme lui rappeler qu'il était là, que ses aveux ne seront entendus que par eux, qu'elle pouvait y aller, sans être effrayée d'être par ses démons un peu plus attaquée. Et elle y arriva, malgré la vague de froid. Joyce parla de ces femmes qui portaient un enfant, dans un ventre arrondi ou dans une poussette dernier cri, chose qui la rendait jalouse ou au moins pleine d'envie car son corps n'avait pas réussi à accueillir la vie. Elle savait pourtant qu'ils étaient doctorants et dans quel chemin fatiguant ils s'étaient inscrits. À l'époque, ils étaient loin de pouvoir prendre soin d'un bébé, ça n'avait jamais été leur priorité, même après avoir commencé à plus sérieusement se fréquenter. Ils manquaient de temps, et peut-être aussi un peu d'argent, mais le biochimiste d'écouter patiemment, parce qu'à un moment, l'idée de ne plus penser au cycle de sa dulcinée l'avait traversé, jusqu'à ce que la raison refasse son entrée.

    À ce moment, il n'avait toujours pas ses papiers, frayeur d'être viré et de la laisser, peur qu'elle avait peiné à entendre, peut-être à comprendre, et tout s'était enchaîné jusqu'à ce qu'ils finissent par se séparer. Ça le brisa un peu d'ouïr qu'elle pensait que c'était cette grossesse non désirée qui avait tout fait foirer, parce qu'il savait que c'était aussi lui qui n'avait pas su gérer tous les à-côtés. Tant de responsabilités pour un homme qui ne savait déjà plus qui il était, perdu entre deux identités qui ne savaient pas même s'apprécier. Il secoua brièvement la tête pour lui signifier qu'il n'était pas d'accord avec ce qu'elle disait, qu'il lui aurait suggéré d'avorter, mais dans le cas où elle aurait voulu la garder il l'aurait épaulé. Les mots suivant furent fort de sens, marquaient son impuissance. Ji-hun avait tenté de soutenir cette mère endeuillée sans même en éprouver la moitié. Lui avait mis un peu plus de temps à se rendre compte qu'elle avait existé, ça avait été brutal mais sa peine avait été très vite essuyée. Il pensait que ça en serait terminé, il ouvrit les lèvres qui furent très vite refermées. Sur la table le bateau fut posé, et c'était de loin le pire sujet à aborder. L'élan de ses poumons fut arrêté en pleine inspiration, paupières serrées à l'unisson, quand elle parla de corps, ce fut le sien qu'il vit en pleine action.

    Il ne sut comment il fit pour se concentrer sur ce qu'elle lui décrivait, parce que c'était l'image de mains calquant ses atouts qui le hantait. Il n'entendait pas le son déchirant des vagues, seulement les gémissements forts de deux êtres en pleine croisade.  Ça l'avait blessé, et peut-être avait-ce été, de tous les éléments de la vie du réfugié, le premier événement qui l'avait réellement claqué, celui qui l'avait pris au dépourvu, auquel il n'aurait jamais pensé être confronté. Le premier que sa bonne Étoile ne lui avait pas soufflé, du coup il ne s'y était pas préparé. Depuis, il avait peut-être appris ce qu'était la jalousie, ne pouvait plus accepter qu'on puisse s'accaparer un peu de ce qu'il avait, même un regard offert à sa copine pourrait le faire bouillonner. C'était probablement pour cette raison qu'il n'avait su comment faire avec les parents de Lilia et leur idée de lui trouver un fiancé – en plus du fait qu'il ne sera jamais puissamment riche et que son nom sera toujours celui d'un réfugié. Autorise-toi un peu de repos, tu ne vas pas réussir à tenir si tu continues à ce rythme-là, dit-il posément, tu dois reprendre contact avec ta psy, il faut absolument que tu travailles sur tout ce qui ne va pas. Quitte à déprimer trois jours, elle ne pourra de toute évidence pas garder ça enfouit pour toujours.

    Et puis laisse-moi une part de responsabilité, ajouta-t-il en la desserrant, tu ne vas pas porter tout le poids sur tes épaules, alors qu'on est deux à avoir merdé. Devant elle il se tenait à présent, sur le lit l'extrémité d'un bras figé le maintenant. On a tous les deux été consentants à faire l'amour sans s'être davantage protégés, lui rappela-t-il qu'il n'avait pas insisté plus que ça pour autant, et ce n'est pas ton corps qui l'a refusée, c'est le stérilet qui l'a bloquée. De son index, il poussa une mèche qui s'était invitée, cachait le visage qu'il regardait, avant d'affirmer : Je suis certain que sans ça tout se serait très bien passé. Il lui sourit, sincère même si c'était tout petit. Le sujet n'était pas le plus gai à aborder, mais il fallait y passer, sans plus supposer ce qu'ils auraient décidé pour cette petite fille qui n'était pas née. Ça a été violent, fit-il après qu'un court silence se soit installé, mais il y aura d'autres moments, bien plus beaux et épanouissants. C'est pour ceux-là qu'il faut tenir le coup. Il hocha la tête pour acquiescer à cette vérité, appuyer d'autant plus cette réalité dans l'espoir qu'elle y croit plus qu'il y a quelques minutes déjà. Ta vie ne s'arrête pas là, pense à toutes les expéditions qui t'attendent, commença-t-il à l'emmener vers l'objectif auquel elle avait tant rêvé.

    À tous ces enfants qui vont pouvoir grandir dans ton ventre, parla-t-il de cette trompe qui lui restait, qui pourra lui offrir tout ce que ces femmes avaient et qu'elle jalousait. Mais avant ça, lève le pied et promets-moi que tu vas prendre soin de toi, demanda-t-il avant de prendre sa tête entre ses mains pour qu'elle se mette à le regarder, ses propres yeux fixés sur ses marrons foncés, promets-le moi Joyce, que tu vas appeler ta psy et travailler sur tout ça, parce que ça me fait mal de te savoir comme ça... Qu'importait ce qui avait bien pu se passer, elle continuait de compter, peut-être même plus depuis qu'il avait cru la perdre à tout jamais.

    @Joyce Millett
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    Lien du postLun 22 Jan - 11:47
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    Serrée contre la poitrine de Jay, ses seules mains pour la retenir de s’abattre une fois de plus contre le matelas qui accueillait trop de ses insomnies, les mots se délient. La semi-obscurité de la chambre les révèle un peu plus, le silence de la nuit les laissent se développer. Eux qui ont fait pousser leur racine en son sein depuis une année déjà, envahissant les bronches, les poumons, le cœur. Graines plantées au moment de l’opération et qui ont poussé depuis dans le secret de ce corps qui se sent si vide, qui est pourtant si plein en même temps des poids du regret et de la culpabilité. Arbre nourri par le temps et les événements, par les dérives agglutinées, par ces cris salés, par ces départs enivrés. Rien ne semble pouvoir arrêter les mauvaises herbes, lierre grimpant qui l’étouffe de l’intérieur. Elle sait combattre l’océan Joyce ; elle ne sait se battre face à la terre. On ne lui a jamais appris, jamais offert les armes pour tout déboiser, tout couper. Alors elle souffre. Enfermée dans cette solitude qui est la sienne. Parce que si sa mère est venue, elle n’a jamais pu vraiment comprendre. Parce que si Haley l’a soutenu autant que possible, elle non plus n’a jamais pu comprendre. Même sa psy. C’est quelque chose qu’elle n’a partagé qu’avec une seule personne sur Terre – et sur mer –, cette même personne qui la tient à présent contre son buste, soutien les phrases alambiquées et la souffrance.
    Les mots se déroulent, avec plus d’honnêteté que jamais. Tellement loin de ces sourires mensongers quand on lui demander au quotidien comment elle va. Ça ne va pas vraiment, et ça fiât un an que ça dure. Un an qu’elle refuse de le montrer. Un an que, lorsque la tristesse est trop pesante, elle l’écrase dans des fatalités et des extrémités contre lesquelles elle ne peut rien. Eduardo. William. Les doigts qui passent dans ses cheveux sont brûlants en comparaison de sa tête qui sombre dans les précipices marins. Il y avait dans ces récits des corps véhiculés, des blessures qui palpitaient encore, pour l’un comme pour l’autre. Ce corps qui ne naîtrait jamais, ceux qui flottaient en mourant, celui qui l’avait étreint dans les embruns. Ça avait tiré du sel des yeux de Jay, ça les avait détruit encore un peu plus complètement. Confiance effrité, corrodée par l’air marin. Rouille écarlate. Elle pouvait comprendre la douleur ; elle l’avait ressentie également quand elle avait rencontré Lilia, quand elle avait vue cette autre se dresser aux côtés de l’homme qu’elle aimait, quand elle avait fui en direction de la mer, ces images infectes dans sa tête, celles de son ex en train d’en aimer une autre. De faire l’amour à une autre. Il ne disait jamais Baiser, coucher. Il n’était jamais vulgaire quand il s’agissait de ça, et l’imaginer ne pas être vulgaire avec une autre, honorer le corps de cette inconnue comme il avait pu le faire avec le sien, avait sans doute fini de l’achever. À moins qu’elle ne fût mort bien plus tôt.

    Le corps humain guérit bien plus vite que l’esprit. Stature de pierre, sinon comment expliquer qu’il soit encore capable de tout ça, capable de sourire, capable de retourner bosser, capable d’enchaîner les nuits sans sommeil ? Mais jusqu’où le tirer ? À un moment, même lui faiblit. Et elle le sait, Joyce, qu’elle aurait dû rappeler sa psy depuis longtemps, qu’elle devrait arrêter de faire semblant, comme si tout allait bien, car à l’évidence, et cette nuit encore le prouve, rien ne va vraiment bien. Il faut cesser de fuir, mais en est-elle seulement capable ? Le corps humain est si fort, elle se sent si faible à-côté ; il est tellement plus facile de s’enfoncer dans son déni. D’oublier le numéro de téléphone de la professionnelle au fond de son répertoire, de continuer son petit manège, de sombrer dans les somnifères.
    L’étreinte la relâche un peu et tout est mouillé. Ses joues, l’épaules de Jay, l’horizon. C’était si beau ce qu’ils avaient, si beau l’insouciance, les corps qui s’échauffaient, qui se découvraient, qui jouissaient dans un concert d’amour. Qu’est-ce qu’elle n’aurait pas donné pour que ça dure toujours. Qu’avaient-ils bien pu faire pour que tout se brise avec tant de fracas ? Était-ce vraiment cette irresponsabilité, ce manque de précaution outre le stérilet qui avait empêché l’embryon de s’accrocher au bon endroit ? Quelques mèches sont décalées presque avec peine, s’accrochant aux larmes sur ses joues, plus lourdes qu’à l’accoutumée. C’est son corps désormais meurtri qui a refusé cette vie en elle ; et s’il a l’air confiance sur l’avenir, elle n’en est pas certaine. Et puis là tout de suite, au cœur de la nuit, elle n’est pas certaine de parvenir à imaginer un avenir sans lui.

    Essoufflée, la doctorante n’a d’autre choix que de le fixer quand il cueille son menton entre ses mains si câlins par le passé. Peut-elle vraiment souffler une promesse à laquelle elle ne croit pas ? Ses yeux pourtant son incapables de se dérober alors qu’elle acquiesce entre ses paumes. Demain est un autre jour. Demain elle prendre son téléphone, elle appellera sa psy, elle lui demandera de l’aide.

    – J’ai peur que tu partes, avoue-t-elle soudain bout des lèvres. Qu’ils te renvoient des États-Unis.

    C’est la première fois qu’elle l’admet à voix haute. Parce qu’elle essaie toujours d’être positive, qu’elle ne veut pas l’accabler de cette angoisse en plus de tout ce que lui doit déjà ressentir vis à vis de sa demande de Green card. Mais la date est fixée dans sa tête probablement aussi certainement que la date du jour. 9 février. C’est dans moins d’une semaine, comme si les éléments semblaient s’enchaîner de manière chorégraphiée, comme s’ils étaient prêts à tous se déchaîner sur ce qui restait encore d’elle.

    – Je peux pas y arriver sans toi. Je peux pas te perdre toi aussi. Je peux pas, je peux pas…

    Entre ses cils bataillent la lourdeur des larmes alors que les doigts de la jeune femme ont rejoint le visage de Jay et le caresse du bout des pulpes, comme pour le graver sous leur toucher, comme pour ne jamais oublier cette arrête, ces pommettes, la douceur de sa peau bien hydratée…
    Ji-hun HwangMembre de la Pforzheimer House
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    Lien du postLun 22 Jan - 23:24
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    warning : GEU, IMG, disparition inquiétante
    De la perte de l'enfant qu'ils avaient vécue à la fin de leur histoire à laquelle ils n'auraient jamais cru. Du baiser sur sa joue suspendu au départ sur les flots qui les avait obligé à se perdre de vue. De cet écart dans les bras d'un presqu'inconnu à la nouvelle relation dans laquelle il s'était plu. Tant d'événements marquants en si peu de temps, c'était normal de se demander quand est-ce qu'ils s'étaient perdus réellement. Ji-hun ne saurait dire ce qui avait tout déclenché, mais une chose était sûre pourtant, c'était que Joyce ne devait pas porter le poids de toutes ces responsabilités. Le Nord-coréen fut prêt à répéter qu'il n'avait simplement pas su gérer tout ce qui s'était accumulé mais ça n'aurait fait que remuer le couteau dans la plaie, alors il la rassura tant bien que mal sur les faits qu'elle avait remontés, prouva par a+b que la source du problème résidait dans le fait qu'il n'avait pas réussi à la protéger. Maintenant que les préservatifs faisaient partie de son quotidien, il se trouvait stupide et gêné de les avoir comparés à du venin. Malheureusement le passé était déjà écrit, et ressasser les tragédies n'allaient absolument rien changer à leur vie. Un enfant ne naîtra pas de la bonté du Saint Esprit, et leur relation ne retrouvera pas l'étincelle grâce à un rituel de sorcellerie.

    Alors les doigts longs et fins finirent par encadrer le visage de Joyce et le redresser, afin qu'ils puissent sérieusement se regarder. Ji-hun ne lâcha pas et attendit patiemment qu'elle vienne à rencontrer ses yeux figés. Il se permit d'insister sur le fait qu'elle devait penser à se soigner, lui promettre d'essayer avant que quelque chose de grave ne vienne à lui arriver. Car à trop travailler et attendre que tout seul ça puisse passer, les choses pouvaient vite dégénérer si elles étaient trop souvent répétées. Et la doctorante sut bien le mentionner : il ne lui restait que peu de temps pour s'assurer que tout finira par s'arranger. Il marqua un blanc, se prit un énorme ouragan ; depuis quand elle pensait à cette possibilité, elle qui ne cessait de positive à ce sujet ? Les larmes qui restaient furent essuyées mais les mots qu'elle venait de prononcer dans sa tête résonnaient. C'était plus compliqué qu'il ne l'avait supposé de la voir adhérer à la peur qui le traversait, mais en même temps est-ce que ça ne prouvait pas qu'elle l'avait écouté, qu'elle n'avait tout simplement pas voulu l'entendre pour pouvoir mieux l'épauler ? C'était une démarche extrêmement longue et mentalement fatigante, se demander chaque jour ce qu'il en sera ressemblait étrangement à une mort lente.

    Le biochimiste regarda les cils de son ex-copine se gonfler d'humidité, puis tomber avec le poids des gouttes salées. L'expression de son faciès accompagna Joyce dans sa détresse, sourcils levés, commissures fanées quand ses lèvres décidèrent de se pincer. C'était bien compliqué de lui dire que tout allait finir par s'arranger : il avait une chance sur deux de ne pas être viré du pays pour lequel il s'était tant donné d'y arriver. Un temps, il avait pensé à un plan : celui de rejoindre son père au sud de la Corée. Beaucoup d'heures et de kilomètres les auraient séparés, ils auraient pu toutefois communiquer. Mais maintenant que son paternel avait disparu, il n'avait plus de quoi faire appel à cette possibilité. Les autorités pensaient qu'il était retourné dans le pays où il était né – par dégoût ça pouvait s'expliquer, ou qu'il avait décidé de changer d'identité, ne désirait plus être retrouvé, avoir un pied dans ce qu'avait été son passé. Des hypothèses qui se tenaient, quand bien même Ji-hun avait le pressentiment que quelque chose clochait, que c'était étrange que ça se passe autour de la période où une réponse devait lui être annoncée. Saison bien triste qui l'avait démotivé, il en avait même mis de côté sa santé – à quoi bon se priver ?

    Les paupières trouvèrent bon de se fermer, parcelles de peau offertes aux doigts veloutés de cette femme qui se plaisait à les contourner dans l'espoir de ne pouvoir oublier ses traits. Ainsi, qu'importait le nombre d'années qui pourraient s'écouler, dans ses rêves elle saura toujours les dessiner. Lui se contenta d'essuyer les perles qui glissaient, la douceur des gestes pratiqués auraient pu l'endormir sans difficulté, mais il préféra réfléchir à la manière de l'apaiser sans pour autant manquer à son honnêteté. C'est pour ça que tu dois faire en sorte d'aller mieux, Joyce, murmura-t-il alors que, dans sa paume, il laissa sa joue glisser, faire de petits allers, tu m'as promis que tu manifesterais s'ils décidaient de me renvoyer, que t'en serais capable. Comment tu feras si tu n'es même pas capable de te lever ? Sa bouche glissa vers sa main, mais s'arrêta au moment où s'ouvrirent à nouveau les yeux du brun. Il sourit et sans attendre finit par la questionner : qui peut-être plus insolente que toi ? Il n'y croyait qu'à moitié, mais c'était bien la dernière chose sur laquelle ils pouvaient miser. Il l'observa puis de son front se rapprocha le sien pour se poser, leurs nez purent se toucher. Il s'autorisa à déclarer : tout finira par s'arranger.

    Au moins de son côté –  c'était tout ce qu'il lui souhaitait. Du sien, il ne fera qu'aviser. Il avait eu l'occasion d'imaginer toutes les probabilités et le temps de se préparer également à la fatalité. Il ne restait que six jours avant que la décision ne soit rendue, peut-être autant pour que son statut de réfugié ne soit suspendu. La pomme d'Adam peina à s'articuler, il commença à plus longuement respirer pour se calmer. L'idée faisait flipper, mais ça avait été surtout les mots de Joyce qui l'avait touché, elle qui, des mois plus tôt, ne savait toujours pas si elle continuerait de lui parler. À peu de choses ils avaient failli se passer à côté, Ji-hun ne réfléchit pas longtemps avant de se lancer. À son avantage était la proximité, il n'eut plus qu'à tirer le bas du visage qu'il tenait pour que leurs lèvres puissent s'épouser. Bisou volé sans qu'il ne sache trop s'attarder, il eut peur de goûter au sel de la mer méditerranée, à cette nuit avec cet homme duquel elle aurait pu rester imprégnée. Étonnement ce fut une autre saveur qui, sur ses chairs, vint s'appliquer. Croissants serrés, il ne sut toutefois la distinguer, baiser bien trop court pour qu'il puisse assez l'éprouver. Happé par la curiosité, Ji-hun n'attendit pas qu'elle l'y autorise pour, à nouveau, l'embrasser.

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    Lien du postMar 23 Jan - 11:05
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    Le cœur avait basculé, broyé entre les angoisses. Joyce savait pourtant sourire, rire, plaisanter. Elle était de ces personnes dont on disait qu’elles étaient de bonne compagnie, plutôt extravertie, qui n’avait pas vraiment de peine à se mêler aux autres, que ce soient des amis de longue date ou de parfaits inconnus. Dans cette parenthèse nocturne, pourtant, elle offre un autre visage ; celui des vérités. Grincement qui tiraille la peau, rigoles de larmes qui creusent les joues. L’aube baignerait sans doute son visage un peu bouffi d’une autre lumière ; mais Jay était là et elle ne pouvait pas fuir une fois de plus, pas faire semblant de sourire. Elle était terrifiée de le perdre. Parce qu’elle l’avait déjà un peu perdue, mais que là on parlait de quelque chose de plus définitif, de plus dangereux, guillotine prête à les décapiter. S’il était renvoyé hors des États-Unis, où pourrait-il encore aller ? Devrait-il se rabattre sur le Japon, tout recommencer à zéro, confronté une fois de plus à une langue et une culture nouvelle ? Ou, bien pire – et ça la paralysait rien que d’y songer –, serait-il renvoyé en Corée du Nord, ans ce régime politique qui ‘avait déjà désiré mort une fois, aurait-il seulement une chance d’y survivre ? Ils n’avaient pas le droit. Les États-Unis n’avaient pas le droit de le renvoyer.
    Glas gigantesque suspendu au-dessus de leur tête et qui sonnerait dans six jours. Elle y pensait régulièrement, depuis qu’il lui avait annoncé la date de son rendez-vous ; et plus encore ces derniers jours alors que celui-ci approchait. C’était marqué au fer dans sa tête, ce 9 février. Une raison de plus d’angoisser et de ne jamais vraiment se libérer des tensions pour enfin s’écrouler dans le sommeil. Du bout des doigts, Joyce redessine les traits qu’elle a si souvent embrassés par le passé. Ce visage qu’elle retrouvait à ses côtés ans les premiers rayons du soleil, alors que les corps endormis se tournaient pour se redécouvrir, basculaient parfois dans une toute autre luxure, ou profitaient simplement de quelques inspirations communes avant de s’éveiller complètement et de se jeter à 100 à l’heure dans une nouvelle journée. Comment imaginer qu’ils puissent disparaître ? Devenir ce souvenir éphémère qui, au fil des années, finirait par se brouiller, délicats doigts de vieille femme incapable de retrouver les détails de celui qu’elle avait tant aimé ? Cette menace qui planait était bien loin de ce conte qu’il lui avait raconté lors de Chilseok ; les amants n’étaient même plus autorisés à se retrouver une fois dans l’année.

    Les paupières de Jay se referment sous l’exploration alors que ses doigts essuient patiemment les larmes qui n’ont plus l’air de vouloir cesser. Sanglots encrassés dans ses poumons depuis une année déjà et qui humidifie aujourd’hui l’horizon ; au moins n’est-elle pas seule pour les supporter. Avec douceur, les paroles de son vis à vis s’enroulent autour de ses pensées. Elle lui a promis qu’elle irait manifester s’ils menaçaient de le renvoyer, et elle ne compte pas s’y dérober. Pour lui, elle pourrait s’enchaîner devant le bureau de l’immigration et entamer une grève de la faim – mais écoute-ton réellement une doctorante seule et désespérément amoureuse ? Peut-être que le soutien de William pourrait apporter plus de poids à tout ça ? Elle ignore exactement quelles sont les prérogatives du FBI, mais un agent du gouvernement a sans doute bien plus de valeur à leur yeux qu’une étudiante de Harvard.
    Jay a raison ; pour les causes qui comptent, elle est prête à être la pire des insolentes. Tant pis s’il faut harceler, hurler, crier. Ça compte. Il compte. Qu’importe ce qui a bien pu se passer, qu’importe les déchirures. Aussi, quand il pose son front contre les siens, sous les tremblements elle a envie de le croire. De s’accrocher à ses mots, de s’y ancrer. Tout finira par s’arranger. Que ce soit la douleur des cicatrices encore présente ou son autorisation de séjour. Que se soit leur santé qui flanche – la sienne, mentale, et celle du doctorant, physique. Peut-on mentir à la Lune ? Tout finira par s’arranger. Sa respiration vient se calquer sur celle, beaucoup plus calme et lente, qui caresse ses larmes. Au cœur des tourments, c’est tout ce dont elle a besoin ; ce corps prêt du sien, cet être qui est le seul à pouvoir la rassurer, à pouvoir partager ce qui pèse si fort.

    Elle ne le voit pas venir. Parce que c’est si doux, la façon dont il tient son visage, elle ne le voit pas venir, mais soudain deux lèvres se posent sur les siennes et elle n’a même pas le temps de fermer ses paupières. Si bref, qu’on dirait un songe. Deux billes curieuses se relèvent, mais n’ont pas le temps d’assouvir leur curiosité dans l’interrogation que déjà un baiser se penche vers elle, avec plus de véhémence cette fois. Et tout le reste cesse d’exister ; elle s’accroche à cette bouche qui lui est offerte, se laisse bercer par ce souffle qui la pénètre et qui est la seule chose au monde capable de s’insuffler en elle pour la réchauffer. Depuis leur rupture, elle a embrassé d’autres lèvres, lui aussi d’ailleurs ; et pourtant tout le reste semble s’effacer. Il n’y a plus que ça qui lui paraît essentiel, une sorte d’équilibre qui épouse les battements de son cœur. Ses doigts cessent leur dessin pour se glisser dans ce même mouvement, cette agitation es cendres du passé. L’une d’entre elles reste sur sa joue tandis que l’autre vient se glisser entre les mèches foncées. Elles n’ont pas oublié non plus, retrouve le naturel et l’évidence de tout ce qui les a liées à cet autre corps.
    Quand les bouches se séparent, que les fronts se retrouvent à nouveau, la respiration de Joyce est beaucoup plus désordonnée. Essoufflée, ses doigts se sont fait caresses et elle reste là, un instant, les yeux fermés, à sentir les effluves familières. Si ses joues et l’horizon sont encore un peu humides, les larmes ont cessé de s’écouler.

    – Je te promets de tout faire pour aller mieux, mais toi aussi tu dois me promettre de faire attention à toi et à ton rein.

    Et parce que ça ressemble trop à des adieux qu’elle n’a aucune envie de formuler, elle s’accroche à ses propres mots.

    – Je serai là pour y veiller, de toute manière.

    Car tout finira par s’arranger, non ? Alors elle se harponne à cette promesse, à la seule qui compte réellement, et cette fois-ci c’est elle qui initie le mouvement et embrasse Jay.
    Ji-hun HwangMembre de la Pforzheimer House
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    Ji-hun Hwang
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    Âge : 28
    Lieu de naissance : Hamheung, ville de la région de Hamgyeong du sud. La Corée du Nord l'a vu naître, l'a élevé. Elle a forgé une partie de l'homme qu'il est aujourd'hui, mais c'est sur un tout autre continent qu'il désire construire son avenir.
    Quartier.s d'habitation & Colocation : Il a vécu la Pforzheimer House durant une année, l'a quitté en juillet pour s'installer provisoirement chez un ami, à Chinatown, Boston, le temps de déménager dans un studio au 499 Beacon St.
    Situation sentimentale : Il a retrouvé les champs, un petit peu plus d'un mois avant le printemps. Maintenant que n'existe plus de pression, la relation peut enfin préparer sa floraison ; dans une relation avec Lilia, demoiselle qu'il connaît depuis un an déjà ; 2024년 2월 16일
    Études & Métiers : doctorant en pharmacologie, au sein du laboratoire de l'école de médecine, il assiste également son superviseur dans ses recherches et participe activement à des conférences. En-dehors de ça, il fait du tutorat en sciences et en coréen ; ça paye bien mieux que serveur à la Luna Caffe, même si sa passion pour les latte art ne s'est pas envolée.
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    Lien du postMer 24 Jan - 22:47
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